En passant en revue les activités typiques des fêtes de fin d’année et notamment les tâches que s’attribuent la majorité des femmes, je pensais que le stress souvent associé à cette période pourrait être réduit en vous présentant des façons efficaces de déléguer.

Mais, la délégation est un art qui se perfectionne toute l’année, et, même si l’on voit un pic en cette saison, ce n’est peut être pas le sujet le plus urgent en ce moment et ce n’est pas non plus le moment d’apprendre.

Je me suis donc mise à faire une carte mentale de tout ce qui peut nous enquiquiner fin décembre et j’ai réalisé que beaucoup de choses tournait autour des attentes et des besoins.

Fêtes de fin d’année : ce qu’on attend de nous-même :

Nos attentes affectent comment on pense qu’on DOIT penser, faire, se sentir en tant que….

  • Conjointe, mère, enfant, belle fille, sœur, cousine, …
  • Cuisinière, décoratrice, acheteuse, ménagère, organisatrice,
  • Hôtesse, animatrice, médiatrice familiale,

De nombreuses femmes apprécient les fêtes de fin d’année. Parce qu’elles sont synonymes de retrouvailles avec des proches, de partage de traditions, de découverte par les plus jeunes de ces festivités.

Et souvent, elles valent bien le gros travail en amont. Travail pris en charge volontairement, parce que nous aimons aussi cette phase de préparation et être au centre des activités. Mais nous prenons aussi cette charge parce que l’on pense que c’est ce qu’on attend de nous. Et c’est souvent le cas.

Je pense que de nombreuses femmes et mères sont partagées quand Décembre se profile à l’horizon.

D’un côté, elles souhaitent passer directement à Janvier, à cause de la suractivité et du stress que cela peut représenter.

Et d’un autre, elles espèrent que les aspects gratifiants – la joie des enfants ouvrant les cadeaux, les retrouvailles en famille – seront à la hauteur de leurs attentes (et de leurs efforts).

Et souvent, c’est ce qui se passe.

C’est un peu comme quand on part en vacances en été avec les enfants. Vous passez des jours à faire les valises, à organiser, à vous battre avec les sacs pour qu’ils ferment mais, quand vous arrivez enfin à destination et regardez, en sirotant un verre, vos enfants courir sur la plage en rigolant, vous oubliez tous vos efforts et profitez de votre récompense.

Mais parfois, Noël ou été, ce n’est pas si simple.

Quand on finit par s’asseoir à table avec notre dinde maison – merci Jamie Oliver pour la recette – notre nappe impeccable, l’arbre étincelant et le vin parfaitement accordé, on s’attend à ressentir enfin cette satisfaction.

Malheureusement, souvent, au lieu de ça, tout ce qu’on ressent c’est une grande fatigue, voire de l’épuisement, de l’ennui ou même de la frustration (‘encore un dîner à écouter les histoires de jardinage d’oncle Jean…ou à manger ce rôti hyper cuit en prétendant que ce n’est pas de la semelle…’ )

Et on commence à se sentir mal. On en commence à se dire…

C’est la période des fêtes de fin d’année, je suis sensée être heureuse, en train de profiter de la compagnie, d’avoir une conversation au coin du feu avec ma belle-mère, bambin tranquillement assis sur mes genoux et grande sœur lisant tranquillement un livre avec Papy.

Sauf que, vous ne vivez pas dans une publicité, vous vivez dans la vraie vie.

Et dans la vraie vie, les fêtes de fin d’année s’accompagnent souvent de :

Burn-out Logistique

Vous êtes simplement crevée.

  • Des courses, des listes, des menus, des activités, des cadeaux, du ménage et de la préparation de la maison.
  • De vous dire que vous devriez demander de l’aide (conjoint, famille) tout en abandonnant parce que, rien que l’idée de déléguer vous semble encore plus stressante et fatigante que de le faire vous même.
  • De faire passer tout le monde avant vous. Même si ça vous fait plaisir.

Niveau d’attentes à la hauteur de l’Himalaya (voir la lune)

Nous vivons dans une société marchande et les réseaux sociaux (la nouvelle publicité) nous vendent l’idée que notre vie devrait être pleine de joie, de réalisation de soi, de bonheur, d’objectifs atteints et de check-list accomplies, 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Cela suggère que s’ennuyer, se sentir frustrée, triste ou en avoir juste marre n’est pas normal. Dysfonctionnel. Préhistorique.

Que rêver d’une heure seule avec un livre, un(e) ami(e) ou un bon bain est égoïste. Que souhaiter que nos enfants, actuellement en train de se chamailler pour un jouet, soient enlevés par des extra-terrestres pour 1 journée, est criminel. Que vouloir juste manger des pâtes à la bolognese, en pyjamas, devant la TV, est pathétique.

Je vois régulièrement dans mon cabinet des femmes qui souffrent parce qu’elles pensent qu’elles n’ont pas réussi à avoir une vie fabuleuse 24h sur 24.

Mais, nous ne sommes pas des robots et nous ne vivons pas dans Facebook.
Nos avons des émotions et nous avons des besoins.

Fêtes de fin d'année émotions figurines Lego - Alexia experte en résolution de problème

Daniel Follow 24/52. Emotion. CC BY-NC 2.0

Nos émotions négatives nous alertent sur nos besoins non satisfaits.

Quand nos besoins personnels ne sont pas assez remplis, notre réservoir à énergie commence à être trop bas et des alarmes s’activent.

Elles peuvent prendre diverses formes :

  • Enervement, irritation ou colère – vos besoins personnels (reconnaissance de tous vos efforts, temps seule, calme, tranquillité dans la famille…) ne sont pas satisfaits.
  • Frustration ou ennui – il vous manque peut être des activités ou pensées agréables
  • Tristesse – quelqu’un ou quelque chose vous manque peut être ou vous aimeriez que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Vous avez besoin de réconfort (de vous même ou des autres) ou d’un break.
  • Préoccupation, stress, inquiétude – vous avez identifié une source potentielle de problèmes. Il faut s’en occuper.

Ces émotions sont des signaux vous communiquant que vous avez besoin de réajuster vos activités (ou de les réduire).

Nombreuses études montrent que, quand nous écoutons nos émotions, au lieu d’essayer de les supprimer, nous prenons de meilleures décisions et l’intensité de notre ressenti baisse au lieu d’augmenter.

Si vous vous sentez de plus en plus énervée par les commentaires de votre belle-mère sur votre style éducatif, vous ne pouvez pas forcément la virer de la pièce mais vous pouvez probablement faire une pause, vous recentrer et déterminer comment vous pouvez réduire son impact sur votre humeur.

Si vous ressentez de l’ennui en jouant avec les enfants et en manque de conversations adultes, arrêtez de jouer. Trouvez quelque chose qui vous fait du bien. Pas un énorme truc, quelque chose de petit, accessible, qui vous procure du plaisir (un bain, une tasse de café, 15 min. toute seule). Ce n’est pas être une mauvaise mère, c’est être une mère intelligente. Une mère frustrée ou usée a beaucoup plus de chance de crier et perdre patience.

Si vous êtes triste parce que vous ne pouvez pas être avec des êtres chers actuellement, reconnaissez ce sentiment désagréable. Il est là pour vous aider à intégrer la situation, à obtenir du réconfort si besoin et à vous permettre de trouver la meilleure façon de faire face.

S’inquiéter sur une dinde potentiellement carbonisée c’est embêtant. Mais, si vous vous préoccupez, ce n’est pas parce que vous êtes bête ou hystérique, c’est parce que, pour vous, servir un bon plat est important. C’est ce que vous êtes et c’est OK. Stresser n’est pas idiot, c’est une bonne façon de vous assurer qu’elle ne finira pas en charbon. Ca va vous inciter à acheter un minuteur ou à rester près du four.

Le stress est là pour nous aider à anticiper et préparer une situation ou un événement. Ne l’ignorez pas, acceptez le comme un assistant qui vous aide à identifier les problèmes potentiels.

Plus nous avons d’attentes, plus nous prenons le risque d’être déçues – avec nous même ou avec les autres.

Ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas souhaiter avoir un excellent diner en famille ou que les enfants adorent leurs cadeaux.

En résumé, pour profiter au mieux des fêtes de fin d’année :

Recap des 2 choses à faire pour passer de bonnes fêtes de fin d'année - Alexia experte en résolution de problèmes.

 

  1. Utilisez vos émotions comme indicateur que quelque chose a besoin d’être changé pour augmenter votre niveau de confort.
  2. Envisagez avec réalisme les festivités.

Cela fera en sorte que vous passerez moins de temps à essayer de ne pas ressentir ce que vous ressentez et plus de temps à juste profiter ce que qui vient.

Ceci est d’autant plus important si, dans le passé, la saison était loin d’être idéale pour vous.

Prenez soin de vous et profitez de ce qui se présente !

 

Signature alexia van schaardenburg


Ressources

Une excellente série d’articles (« SAV de Noël ») de Sandrine Donzel sur Noël, nos enfants et nous.

Comment gérer les relations familiales difficiles durant les fêtes ?

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Ils se battent pour avoir le même jouet

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