La liste partagée par Fractale des petites phrases qui énervent les entrepreneurs m’a donné envie de réagir. Et pas forcément dans le sens que vous pensez !

‘….Tu feras quoi si ça marche pas ?

Tu n’as pas peur de tout perdre ?

C’est la crise, c’est vraiment le bon moment de se lancer ?

Quand est-ce que tu reprends un vrai travail ?

Quand est-ce que tu pourras te payer ?

Tu as pensé à cotiser pour ta retraite ?…’

OUI, ces commentaires peuvent vraiment nous énerver, nous les entrepreneurs, car on ne se sent ni compris(e) ni reconnu voire traité(e) d’incompétent(e) inconscient(e).  Alors qu’on se donne à fond toute la semaine et qu’on risque souvent gros en ayant choisi l’indépendance.

Et OUI, en tant que créateur d’entreprise on a besoin d’optimisme pour créer et avancer.

Souvent, ces commentaires nous ennuient car ils nous rappellent ce qu’on ne veut pas voir ou penser, notre petite voix intérieure, celle qui doute, qui s’inquiète, celle qu’on essaie d’ignorer en se disant que sinon on n’y arrivera jamais.

L’échec est la hantise du créateur. Et c’est bien normal, c’est nos tripes, notre argent que l’on a investi. Et le risque est bien réel.

Un tiers de TPE ne survit pas 3 ans (Source : DG Trésor).

Par contre, au risque de vous déplaire, je dirais que ces phrases qui nous agacent, alors qu’on bosse dur pour réussir; peuvent SURTOUT nous aider.

Parfois, envisager le pire : et si cela ne marchait pas, je ferais quoi? quel serait l’impact sur moi, sur ma famille, sur mon futur ?

Confronter sa peur permet :

  • de mieux connaitre son ennemi,
  • de ne plus vivre dans la peur diffuse,
  • de pouvoir renforcer ses compétences.
  • Donc de mieux avancer au quotidien.

Parce qu’une peur confrontée se transforme en courage MAIS qu’une peur évitée se transforme en panique.

 

J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs qui, très motivés par leur projet et boosté(e)s par l’entourage ou un coach, ne prenaient pas le temps d’envisager l’échec, de définir leurs indicateurs de succès, d’établir un plan B, voire «catastrophe».

Guillermo Viciano - Domo scares Danbo – cc 2.0 No mods

Guillermo Viciano – Domo scares Danbo – cc 2.0 No mods

Du coup, quand ils étaient confrontés à une difficulté importante, ils essayaient juste d’éteindre le feu sans se poser la question : que faire si l’incendie se déclare à nouveau ou quels équipements ou alarmes installer dans le logement ?
D’autres s’acharnaient à poursuivre un projet qu’ils savaient intérieurement voué à l’échec, ayant déjà aperçu les signes d’alerte.

Mais échouer n’étant pas une option envisagée ou envisageable, il leur a fallu parfois arriver à la liquidation pour que cet échec soit confronté, et là, concrètement, dans toute sa douloureuse splendeur, sans possibilité de retour et sans plan B …

Vous imaginez facilement la souffrance à ce moment là. Bien pire …

Bien entendu, je ne vous dit pas de vous focaliser sur l’échec potentiel mais plutôt d’essayer d’éviter la gestion de crise et de privilégier la prise en compte du risque réel,

  • en partageant avec d’autres entrepreneurs (networking, groupe de travail)
  • en se faisant accompagner (dispositif public, mentor, coach etc. )

Alors, la prochaine fois qu’on vous demande est-ce que tu penses ça va marcher ton truc ? même si vous vous sentez énervé(e) sur le moment, ce que je comprends tout à fait, gardez la question en réserve, elle va vous servir à :

  • Renforcer ou valider votre stratégie, ex: comment vais-je déterminer que je suis sur la bonne voie, quand vais-je décider qu’il faut réviser mon plan ?) ;
  • Identifier vos zones d’ombre et vos risques : que se passerait-il si je n’avais pas un CA d’autant d’ici mars 2016 ? Et quel est mon plan B ?

Et vous, qu’avez VOUS fait la dernière fois que l’on vous a challengé(e) au sujet de votre business ?  

N’hésitez pas à partager votre expérience ou à suggérer un thème !